Du soin et de l’insertion
Depuis plusieurs dizaines d’années et particulièrement depuis la fin de l’été 2026, l’ensemble des structures qui agissent dans le cadre du travail social, de l’insertion et du soin sont en grande difficulté sur le département de la Creuse alors même que les besoins ne cessent de grandir, en particulier pour la jeunesse. Déjà fortement touchée par la diminution drastique de l’accès aux services publics, avec la fermeture de trésoreries, de bureaux de poste, de desserte ferroviaire, d’écoles ou d’un accès aux soins médicaux de plus en plus inégalitaires, la Creuse devient jour après jour un territoire de non droits.
Depuis la rentrée de septembre, la quasi totalité des formations financées par la région nouvelle aquitaine, comme celles du GRETA, du CFPPA d’Ahun, de l’EMB de Felletin ou de l’AFPA, sont supprimées jusqu’au minimum mars 2027 alors même qu’elles concernent des métiers en tension. Les financements des structures qui accompagnent en particulier les jeunes comme la Mission Locale de la Creuse ou le réseau creusois des SIAE, voient leur budget de fonctionnement amputé de plusieurs dizaines de milliers d’euros. Sans parler des services de l’UTAS comme celui de l’ASE
pourtant en charge des personnes les plus fragiles, qui voient leur capacité d’accueil saturée, avec des difficultés massives de recrutement faute d’attractivité et des dysfonctionnements structurels dans les prises en charge. Et alors que les problématiques de santé mentale s’accroissent de plus en plus en particulier depuis le COVID, il n’y a toujours pas de pédopsychiatre en Creuse, les SAMSAH (Service d’accompagnement médico-social pour adultes handicapés), à la fois le SAMSAH Psy (pour les personnes en situation de handicap psychique) et aussi le SAMSAH TSA (pour les personnes autistes) sont saturés avec un délai d’attente moyen de 2 ans. Etc, etc … la liste serait longue !
Au delà de la question scolaire, c’est donc tout l’accès aux droits fondamentaux et à l’inclusion sociale dont nous sommes pourtant les garants, qui est remis en cause . Ne soyons pas complices par notre silence cher-es collègues et rejoignons dans la lutte cette nouvelle génération qui nous montre le chemin.
Christian Nguyen (conseiller mission locale), Vincent Lucatis (travailleur social), Sandra Forestier (psychologue), Marion Pabiot (Educatrice), Eric Pince (Educateur)